Bouteille de rhum antillais posée sur du bois, étiquette à vérifier pour un rhum AOC Martinique
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Rhum de Martinique : comment reconnaître un rhum AOC ?

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Ce rhum possède-t-il une Appellation d’Origine Contrôlée ? Les rhums de Martinique sont-ils tous AOC ? Comment distinguer un rhum martiniquais AOC d’un autre qui ne l’est pas ? Autant de questions que se posent les consommateurs, et avouons-le, ils ne sont pas toujours aidés par les producteurs et les marques, dont certains voient surtout ces trois lettres comme un argument commercial.

On reprend donc tout depuis le début, textes en main.

Un rhum AOC Martinique, c’est quoi au juste ?

C’est d’abord un rhum agricole qui provient de Martinique, puisque c’est actuellement la seule île à bénéficier d’une Appellation d’Origine Contrôlée pour ce spiritueux. Les autres rhums français sont régulés par des Indications Géographiques (IG). Le terme « agricole » est lui aussi réservé aux départements français et à Madère, comme l’inscrit le règlement (UE) 2019/787 qui a remplacé le 110/2008.

À noter : en réservant la Martinique à l’agricole, avec l’accord de la SAEM du Galion, l’État français a négocié la création d’une dénomination « Rhum de sucrerie de la Baie du Galion », aujourd’hui inscrite en IG.

L’appellation se matérialise auprès du consommateur par une suite de mots : « rhum Martinique », « rhum de la Martinique » ou « rhum agricole de la Martinique ». Elle doit apparaître dans le même champ visuel, sous diverses formes possibles (A.O.C., Appellation Martinique Contrôlée, ou l’intitulé complet « rhum agricole d’appellation d’origine de la Martinique »). Rappelons au passage que, parmi les spiritueux français, seule l’A.O.C. Cognac n’a pas à ce jour l’obligation d’afficher son A.O.C.

Rhum + Martinique = AOC ?

La réponse est oui. Si un producteur, une marque ou un tiers fait apparaître les termes « rhum » et « Martinique » dans le champ visuel d’une bouteille, d’un événement ou d’une publicité, il s’engage (et la loi l’y oblige) à proposer un rhum agricole AOC de Martinique, élaboré et embouteillé dans le respect du cahier des charges. Dans le cas contraire, la réglementation et la DGCCRF parlent d’une « utilisation frauduleuse dite usurpation de notoriété et/ou tromperie du consommateur ».

Et la protection va loin. Les deux mots peuvent être dissociés ou accolés, figurer sur l’étiquette ou la contre-étiquette, en petits ou en grands caractères, voire sur la capsule ou dans l’adresse du producteur : la règle reste la même. Mieux, si le mot « rhum » est accompagné d’une simple allusion à l’île (une carte, un dessin, un nom à consonance créole), on retombe sur la même obligation.

Et si une distillerie veut s’en passer ?

Nul n’est tenu de produire sous dénomination géographique. Mais on ne peut pas non plus en revendiquer l’usage sans en respecter le cahier des charges. Depuis 2009, la règle a d’ailleurs évolué : auparavant, il suffisait de prouver le bon respect des règles de production ; désormais, seuls les opérateurs habilités au préalable et clairement identifiés, du champ jusqu’à l’embouteillage, peuvent produire sous le label.

Un producteur qui sort de l’AOC bascule vers l’IG « Rhum des Antilles Françaises », moins protectrice et moins restrictive. Et là, plus question d’utiliser le nom « Martinique » ni la moindre allusion. Pas même sur la contre-étiquette pour mentionner l’adresse du site de production : seul le code postal est admis.

Toute mention géographique, comme par exemple « Martinique », est interdite sur l’étiquetage des rhums n’ayant pas droit à l’appellation, y compris dans l’adresse de l’exploitant.

DGCCRF

La DGCCRF est claire sur les conséquences : mettre en valeur le terme « Martinique » alors que le rhum ne bénéficie pas de l’AOC est « susceptible d’être sanctionné pénalement devant les tribunaux ».

Les autres mentions obligatoires à connaître

  • La mention « agricole » doit figurer sur l’étiquette, dans le même champ visuel que l’appellation d’origine contrôlée.
  • Les mentions « blanc » ou « vieux » sont elles aussi obligatoires, dans le même champ visuel, avec des caractères qui ne doivent dépasser ni en hauteur ni en largeur ceux du nom de l’appellation. À défaut, le rhum est considéré comme un ESB (élevé sous bois).
  • La protection s’étend à la « présentation » au sens de l’article 21 du règlement 2019/787 : étiquetage, emballage, publicités, promotion des ventes, images, récipients, bouteilles et dispositifs de fermeture.

Autrement dit, si « Martinique » apparaît sur le col d’une bouteille, sur le verre, la capsule ou même la boîte en carton, il s’agit forcément d’un rhum AOC, qui doit alors mentionner clairement tous les termes attendus.

Voilà de quoi décrypter vos prochaines étiquettes. Et si vous voulez comparer avec d’autres traditions, jetez un œil à Jagricole, le pari 100 % jus de canne du rhum jamaïcain Worthy Park ou à notre portrait du Mount Gay Black Barrel. Le reste de nos articles sur le rhum est par ici.

Et vous, vous vérifiez l’AOC avant d’acheter une bouteille ? Dites-nous en commentaire.