Matières premières rares, énergie à des niveaux jamais vus : la question que tout le monde se pose en salle comme en cuisine tient en une phrase. Où faire de vraies économies d’énergie en Horeca sans dégrader le service ?
Car personne ne dira le contraire : c’est un secteur énergivore. Cuisiner sans source de chaleur, ça n’existe pas. Mais là où la consommation est massive, les gisements d’économies le sont aussi. Et ça commence par une question toute bête : vos appareils fonctionnent-ils encore correctement ? Une machine défaillante consomme davantage. Une machine trop vieille, aussi.
LED et chauffage : les gains les plus rapides
Éclairez-vous encore à l’ampoule traditionnelle ? Le LED coûte plus cher à l’achat, consomme beaucoup moins et dure bien plus longtemps. Combinez-le avec des détecteurs de mouvement dans les caves, couloirs et espaces de stockage, et la facture baisse toute seule.
Côté chauffage, des tests ont montré qu’un degré de moins sur le thermostat d’une pièce permet d’économiser jusqu’à 5 %. Ça mérite au moins d’y réfléchir.
Le four, le frigo, le lave-vaisselle
Un four ancien perd de la température à chaque ouverture de porte. Et on ouvre tout le temps, avouons-le. Les modèles récents disposent d’un écran d’air qui maintient la température : pas de rattrapage énergétique derrière.
Pour le froid, l’emplacement fait tout. Évitez la proximité des fours, des fourneaux et même d’une fenêtre exposée plein soleil. Vérifiez le label énergétique à l’achat et dimensionnez l’appareil à votre activité : un réfrigérateur trop vide ou trop plein travaille beaucoup plus. La bonne règle tourne autour de 75 % de remplissage.
- Contrôlez la température réelle au thermomètre : trop bas, vous payez pour rien.
- Formez l’équipe à refermer les portes rapidement.
- Dépoussiérez régulièrement la grille d’évacuation de chaleur.
- Vérifiez et remplacez les joints en caoutchouc quand ils durcissent.
Les lave-vaisselle récents consomment moins d’eau et proposent des programmes rapides. Chargez-les correctement et vous économiserez sans doute un lavage en fin de journée. Trois cents fois par an, faites le calcul… Et si vous changez de machine, regardez celles qui récupèrent la vapeur du cycle pour chauffer l’eau : plus de 20 % d’énergie économisée selon les tests.
Gaz ou induction, le vrai arbitrage
Beaucoup de chefs ne jurent que par le gaz, et longtemps le calcul était imbattable. Sauf que le prix du gaz s’est envolé. L’induction mérite donc un vrai examen : seule la casserole chauffe, pas l’environnement, et la source de chaleur disparaît dès qu’on retire le récipient là où le brûleur continue de tourner.
Conséquence directe : une cuisine moins surchauffée, donc moins de recours à la climatisation, qui consomme à son tour. Le cercle vertueux existe, il faut juste accepter l’investissement de départ.
Et l’achat groupé d’énergie ?
C’est une piste, mais n’en attendez pas de miracle dans un marché aussi tendu. Chez Groupasol, par exemple, l’inscription reste gratuite et sans obligation d’achat, mais les négociations sont à l’arrêt compte tenu de la situation. Même sur le mazout de chauffage, l’écart entre prix officiel et prix groupé est devenu quasi nul. À garder sous le coude, pas à activer immédiatement.
Ces arbitrages ne se lisent pas isolément : ils s’inscrivent dans le contexte plus large de l’inflation dans l’Horeca, au même titre que le traitement de l’eau en Horeca, autre poste qu’on sous-estime largement. Nos analyses métier sont regroupées côté restaurant.
Quel poste vous a fait économiser le plus cette année ? Partagez vos chiffres en commentaire. (Source : Horeca Magazine)



