2021 laissait entrevoir une belle reprise après le plus dur de la crise sanitaire. Puis la hausse des prix de l’énergie et la pénurie de matières premières ont commencé à plomber la situation, et la guerre en Ukraine n’a fait qu’aggraver les choses pour tout le secteur alimentaire.
Une superposition de crises
Huile de tournesol, blé, maïs : l’approvisionnement pose déjà de gros problèmes, avec des délais de livraison d’emballages passés de quelques semaines à trois, voire six mois. Côté prix, la viande de volaille a grimpé de 50 % en un mois, sans même parler de l’énergie. Une inflation qui touche aussi directement les pénuries sur les whiskys, les bières et les tequilas que nous suivons de près.
Une crise appelée à durer
Selon Damien Ernst, professeur à l’Université de Liège, il faudrait 150 000 éoliennes ou 200 réacteurs nucléaires supplémentaires en Europe pour remplacer l’énergie importée de Russie sous forme de gaz. Autant dire que la sortie de crise ne se fera pas du jour au lendemain, quelle que soit l’issue du conflit. Selon Anthony Botelberge, président de la Fevia : « même si la guerre se termine prochainement, la crise dans laquelle elle nous plonge va durer. On peut s’attendre à ce que les céréales comme le blé et le maïs soient de 10 à 25 % plus chers jusqu’en 2026 ! »
Le secteur alimentaire tire la sonnette d’alarme
Porte-parole de l’industrie alimentaire belge, la Fevia a interrogé ses 700 membres : 4 entreprises sur 10 envisagent de réduire, voire d’arrêter leur production, et 70 % doivent déjà adapter la composition de leurs produits. Fin 2021, 19 % des entreprises jugeaient leur situation financière mauvaise ; elles sont aujourd’hui 26 % à la juger mauvaise et 10 % très mauvaise. La moitié des entreprises a vu doubler sa facture d’électricité en un an, tandis que 37 % ont vu leur facture de gaz tripler.
Quelles pistes pour l’Horeca ?
Comment absorber ces hausses sans mettre en danger son activité ? Plus que jamais, il faut analyser ses coûts, réorganiser, anticiper. Les professionnels que nous avons interrogés avancent plusieurs pistes concrètes :
- Revoir les recettes en remplaçant certains produits coûteux
- Simplifier l’offre, avec un menu unique par exemple
- Concentrer les jours d’ouverture pour mieux gérer le flux de clients
- Réduire les portions et cuisiner plus local et de saison
- S’unir entre professionnels pour acheter en commun
- Améliorer sa gestion de stock pour jeter moins
Bonne nouvelle : la plupart de ces mesures vont aussi dans le sens d’une gestion plus durable, comme on le détaillait déjà dans notre tour d’horizon des tendances Horeca qui allaient marquer l’année. Et vous, quelles solutions avez-vous adoptées face à la hausse des coûts ? Racontez-nous en commentaire.



