Pichet et vase en céramique sur un tabouret en bois, dans l'esprit de la carafe Gluggle
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Carafe Gluggle : la folle histoire du pichet en forme de poisson

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Un poisson en céramique qui fait « glou-glou » quand on verse. La carafe Gluggle doit tout à ce bruit, et son nom en découle directement. Derrière l’objet un peu kitsch se cache pourtant une histoire industrielle de plus de cent cinquante ans.

Une naissance dans le Staffordshire

Tout commence dans les années 1870, dans le Staffordshire. Thomas Forester & Sons dessine cette forme de poisson inhabituelle, aux côtés d’autres poteries et vases qui deviendront des classiques de la maison anglaise. Le pichet s’installe petit à petit dans les intérieurs britanniques.

Au fil des décennies, le modèle passe de fabricant en fabricant, pour atterrir chez Royal Winton Grimwade dans les années 1930. Puis la Seconde Guerre mondiale rebat les cartes : les restrictions limitent sévèrement les volumes de production alors que la demande, elle, ne faiblit pas.

Le mariage avec Dartmouth Pottery

C’est là qu’intervient Dartmouth Pottery, tout juste ouverte et non soumise aux mêmes contraintes. Le partenariat est simple : Dartmouth moule les carafes, Royal Winton Grimwade les décore.

Pendant vingt ans, l’association fonctionne si bien que Dartmouth lance même son propre modèle, le Cod Fish Jug. Commercialement, c’est un échec : la queue avait la fâcheuse tendance à se détacher… Qu’importe, dès 1958 la manufacture vend les Gluggle Jugs sous son propre nom, avec un slogan imparable : « Une cruche qui gargouille ».

De la reine Élisabeth II au Plymouth Gin

La même année, le Britannia Royal Naval College commande une paire de carafes destinées à être offertes à la reine et au prince Philip. À partir de là, l’objet devient très demandé, décliné en plusieurs tailles et couleurs, et bascule dans la catégorie des pièces de collection.

Le lien avec la boisson, lui, arrive plus tard : Plymouth Gin commande des carafes pour habiller sa communication. Un pichet poisson pour vendre du gin anglais, l’idée ne manque pas d’allure.

Retour aux sources en 2002

Dartmouth Pottery ferme ses portes en 2002. La fabrication repart alors vers le Staffordshire, sa terre d’origine, plus d’un siècle après la première pièce. C’est aujourd’hui Wade Ceramics qui produit les carafes, dont une bonne partie part vers les États-Unis.

Les modèles anciens, en particulier ceux sortis des ateliers Thomas Forester & Sons à la fin des années 1800, sont les plus recherchés. Les versions contemporaines, elles, se trouvent sans difficulté dans les boutiques d’arts de la table, parfois sous le nom de « glug glug jug ».


Comme quoi, le contenant compte autant que le contenu. On l’avait déjà vu avec ces bouteilles à l’infini qui jouent la carte du design plutôt que celle de l’étiquette. D’autres objets et curiosités de comptoir vous attendent dans nos actualités bar.

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