Un rhum haïtien qui parle avec l’accent de la Charente. C’est toute l’histoire du rhum Barbancourt, et ce n’est pas qu’une jolie formule commerciale.
1862, un Charentais débarque en Haïti
La distillerie est fondée en 1862 par Dupré Barbancourt, un immigré français originaire de Charente. Son idée de départ est simple et, pour l’époque, plutôt visionnaire : appliquer au jus de canne à sucre les méthodes qu’il connaît, celles du cognac.
Concrètement, cela veut dire une double distillation, comme en Charente, et un vieillissement en fûts de chêne français. Rien à voir avec la colonne continue qui domine ailleurs dans les Caraïbes.
Plus de 160 ans plus tard, la maison est toujours familiale et indépendante. Elle est aussi présentée comme la plus ancienne entreprise haïtienne encore en activité, ce qui, vu l’histoire du pays, n’a rien d’anodin.
Du pur jus de canne, et une canne bien précise
Barbancourt distille du pur jus de canne, pas de la mélasse. La canne utilisée, la Madame Mevs, est une variété hybride originaire d’Haïti, sélectionnée pour son potentiel aromatique et cultivée sans pesticides de synthèse.
Ce choix du jus frais rapproche Barbancourt de la famille des rhums agricoles, dont on détaillait la réglementation sur les fûts d’acacia, et fait écho à des expériences plus récentes comme le pari 100 % jus de canne de Worthy Park.
Le 5 Star, la porte d’entrée
C’est la bouteille qu’on croise le plus souvent. Le Barbancourt 5 Star est vieilli huit ans en fûts de chêne français.
« Un nez épicé équilibré par des notes fruitées fraîches, avec une longue finale. À boire sur glaçon ou sec. » (fiche produit de la maison, traduite de l’anglais)
Notre conseil : commencez sec, dans un verre tulipe, avant de juger. Le glaçon arrondit, mais il gomme aussi une partie des épices. Le reste de nos dégustations est rangé dans la rubrique rhum et distilleries des Caraïbes.
Vous avez déjà une bouteille de Barbancourt ouverte ? Racontez-nous comment vous la buvez.



