Il existe des cocktails qui infusent la littérature sans qu’on y prête attention. Le White Lady en fait partie. On l’a retrouvé récemment au détour d’un vieux roman policier de poche, glissé entre deux fausses pistes, et il nous a semblé injuste de le laisser sur cette étagère.
Une scène tout droit sortie d’un polar
Dans Mystery of the Dead Police, roman policier britannique de Philip MacDonald, deux personnages hésitent entre plusieurs classiques avant de se laisser convaincre. La scène mérite d’être citée.
« Dry Martini ? Bronx ? Sidecar ? White Lady ?… Essayez un White Lady, oui, un White Lady, c’est exactement ce qu’il vous faut ce matin. Giulio, deux grands White Lady, pas trop de citron, et faites vite. »
Philip MacDonald, Mystery of the Dead Police
Difficile de trouver plus bel hommage littéraire à un cocktail. Et pourtant, on parierait que la moitié des bars, même dans les grandes villes, ne sauraient plus le préparer aujourd’hui.
Un classique né à Paris en 1919
Le White Lady voit le jour au Ciro’s Club de Londres en 1919, avant d’être popularisé par Harry MacElhone, le célèbre barman du Harry’s New York Bar à Paris, qui en signe la version définitive. La légende veut que la recette ait d’abord été pensée avec du brandy avant que le gin ne s’impose. En 1930, le cocktail est consacré par une victoire en compétition à Berlin, puis publié la même année dans le mythique Savoy Cocktail Book par Harry Craddock, chef barman du Savoy Hotel de Londres.
La recette du White Lady
- 4 cl de gin
- 2 cl de liqueur d’orange (Cointreau ou triple sec)
- 2 cl de jus de citron frais
- Un blanc d’œuf (facultatif, pour la texture)
Versez tous les ingrédients dans un shaker rempli de glace, secouez vigoureusement une dizaine de secondes, puis filtrez dans un verre à cocktail bien frappé. Le résultat : un cocktail sec, tout en agrumes, à la robe d’un blanc éclatant qui justifie amplement son nom. Pour approfondir votre culture gin, notre recette du gin tonic parfait est un bon complément à essayer chez vous.
Ce n’est pas la première fois que la fiction et le verre se croisent chez nous : on adore autant le duo littéraire romans noirs et cocktails que ce que le polar raconte sur les cocktails qu’on y boit.
Alors, prêts à commander un White Lady la prochaine fois qu’un barman vous proposera la carte des classiques ? Dites-nous en commentaire quel roman vous a donné envie de tester un cocktail.



