Bacs de tri sélectif pour la consigne des bouteilles plastique visée par le PPWR

PPWR et consigne des bouteilles plastique : la France est-elle hors des clous ?

3 minutes de lecture

Le PPWR et la consigne des bouteilles plastique, c’est l’histoire de deux calendriers qui ne collent pas. D’un côté, un règlement européen entré en application le 12 août 2026. De l’autre, un gouvernement français qui, trois semaines plus tard, annonce qu’il n’imposera rien. Et au milieu, un chiffre qui pique : 58,3 %.

Ce que dit vraiment l’article 50 du PPWR

Le règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages s’applique désormais dans tous les droits nationaux, sans transposition. Nous avions détaillé ce que le PPWR change pour les boissons depuis le 12 août, mais un point mérite qu’on y revienne de plus près.

Son article 50 prévoit qu’un État membre peut demander une exemption au dispositif de collecte séparée, autrement dit à la consigne, à une condition : atteindre 80 % de collecte des bouteilles en PET en 2026. Puis viser 90 % en janvier 2029.

80 %. C’est le ticket d’entrée pour échapper à la consigne obligatoire.

La France, elle, plafonne à 58,3 %

Le taux de recyclage des bouteilles en plastique s’établissait à 58,3 % en 2024. Sur l’ensemble des emballages plastique, on tombe même à 25,7 %. On est loin du seuil d’exemption. Très loin.

Et c’est tout le paradoxe de l’abandon de la consigne des bouteilles plastique acté le 4 septembre par le gouvernement, au profit d’une consigne volontaire et territorialisée. Les producteurs de boissons, eux, n’ont pas vraiment apprécié.

« Un troisième recul en cinq ans sur ce dossier, qui traduit une absence d’ambition nationale pour les enjeux majeurs que sont la circularité des emballages, la lutte contre la pollution sauvage et notre souveraineté industrielle. » (Syndicat des boissons sans alcool et Maison des eaux minérales naturelles)

Ce qui attend la filière, consigne ou pas

Exemption ou non, le PPWR ne s’évapore pas. Dès 2030, les emballages plastique devront intégrer entre 10 et 35 % de contenu recyclé selon leur catégorie, avec au moins 30 % pour le PET. Et 65 % à l’horizon 2040 pour les bouteilles de boisson.

Autrement dit, la question n’est plus de savoir si la filière des boissons sans alcool devra se réorganiser, mais quand et à quel prix. Sans dispositif national, il faudra trouver ailleurs les gisements de PET recyclé. Et ça, ça ne se décrète pas.

Et maintenant ?

Bruxelles n’a pas encore dit son mot sur la trajectoire française. Le dossier de la consigne des bouteilles plastique risque de revenir sur la table, et sans doute plus vite qu’on ne le pense…

Et vous, elle vous manquerait vraiment, cette consigne ? Dites-nous en commentaire si vous rapporteriez vos bouteilles contre quelques centimes.

Source : L’Usine Nouvelle.