Automate de déconsignation de bouteilles en plastique, dispositif écarté par l’abandon de la consigne en France

Abandon de la consigne : le gouvernement lâche les bouteilles plastique

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Le suspense n’aura pas duré. Vendredi 4 septembre, le gouvernement a tranché : aucune consigne obligatoire ne sera imposée aux collectivités pour les bouteilles en plastique. Cet abandon de la consigne pour recyclage met fin à des mois de bras de fer… et il ne fait clairement pas que des heureux dans la filière boissons.

Un abandon de la consigne arraché par les élus locaux

Le communiqué du gouvernement ne laisse pas beaucoup de place à l’interprétation.

« Aucun dispositif de consigne obligatoire ne sera mis en place, dans le respect des compétences décentralisées »

(communiqué du gouvernement, 4 septembre 2026)

C’est un coup d’arrêt net à un projet relancé en mai par Emmanuel Macron. Le principe ? Installer des bacs de collecte dans les supermarchés et rendre quelques centimes au consommateur pour chaque bouteille rapportée.

Mais les élus de collectivités, tous bords confondus, étaient vent debout. Fin juin, ils avaient carrément claqué la porte d’une réunion organisée par le ministère de la Transition écologique, dénonçant une « absurdité » et une opération de greenwashing. Une manifestation était même prévue mardi à Paris. Elle a été suspendue dans la foulée de l’annonce.

Nicolas Garnier, délégué général d’Amorce, a salué auprès de l’AFP « la victoire du bon sens, du pouvoir d’achat, du service public et de l’environnement ». L’Association des maires de France, Intercommunalités de France, France Urbaine et le Cercle national du recyclage ont eux exprimé leur « soulagement » de voir l’exécutif renoncer à « cette ineptie écologique et financière ».

Les producteurs de boissons parlent d’un recul incompréhensible

De l’autre côté du ring, l’ambiance est nettement moins festive. Les producteurs de boissons sans alcool et d’eaux minérales ont déploré « un recul incompréhensible du gouvernement ».

Leur argument massue : la France verse chaque année 1,5 milliard d’euros au budget de l’Union européenne à cause de ses mauvaises performances en matière de recyclage des déchets. Un chèque salé, payé par tout le monde, pendant que le taux de collecte des bouteilles reste à la traîne.

Pour la filière, c’est le troisième revirement en quelques années sur ce dossier. On avait d’ailleurs raconté ici comment la France avait rouvert le sujet cet été, avec la concertation nationale sur la consigne pour recyclage lancée en août. Autant dire que les embouteilleurs de boissons sans alcool commencent à trouver le feuilleton un peu long.

Consigne volontaire et PPWR : ce qui reste sur la table

Le gouvernement ne referme pas totalement le dossier. Il propose désormais une consigne « volontaire et territorialisée », que les collectivités pourront adopter si elles le souhaitent.

« Le gouvernement fait le choix d’une approche territorialisée », explique le ministre délégué à la Transition écologique Mathieu Lefèvre, cité dans le communiqué, en indiquant ne pas vouloir « pénaliser les collectivités qui ont déjà obtenu de très bons résultats ». Le ministère rappelle par ailleurs que la consigne n’était que « l’un des 12 leviers identifiés dans le cadre du plan plastique présenté en mai dernier », et que le cahier des charges de la filière pollueur-payeur des emballages ménagers reste en consultation publique jusqu’au 11 septembre.

Sur le fond, les élus contestent surtout l’efficacité du dispositif. Corentin Duprey, président du Syctom, le syndicat francilien de gestion des déchets, cite l’exemple allemand : chez les champions européens de la consigne, le système « a accompagné l’augmentation de la production plastique ». Sans compter que les collectivités, qui ont beaucoup investi dans leurs centres de tri, voyaient d’un très mauvais œil le retrait des déchets les plus valorisables de leurs installations, avec à la clé un risque de hausse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.

Reste que le calendrier européen, lui, ne bouge pas d’un millimètre. Les nouvelles règles du règlement PPWR sur les emballages continuent de s’appliquer aux emballages de boissons, et l’objectif de collecte reste le même. Repousser la consigne obligatoire ne fait pas disparaître la cible.

Alors, victoire du bon sens ou occasion manquée ? On a l’impression que personne n’a vraiment gagné dans cette histoire, à part le statu quo. Et vous, vous rapporteriez vos bouteilles contre quelques centimes, ou vous préférez votre bac jaune ? Dites-nous en commentaire.

Source : dépêche AFP « Sous la pression des élus, le gouvernement renonce à imposer la consigne des bouteilles plastiques », 4 septembre 2026.