Une lager brassée avec une orge censée réparer les sols, signée par un duo de musique électronique. On vous l’accorde : sur le papier, ça sent le concept de fin de festival… Sauf que Do It Right existe bel et bien, et qu’elle vient d’arriver en rayon. Cette bière en agriculture régénérative est née d’un trio franchement inattendu : la brasserie londonienne Signature Brew, le duo Groove Armada et l’entreprise agricole Wildfarmed.
Une bière en agriculture régénérative, du champ à la canette
Do It Right est une pale lager de style tchèque titrant 5 %. Au nez, du pain frais, du houblon floral et une pointe d’épices. En bouche, du biscuit, un miel léger, puis une amertume nette et herbacée qui referme le tout proprement. Rien d’exotique, donc : c’est une lager de soif, et c’est assumé.
Ce qui change, c’est l’orge. Le malt provient du réseau de fermes de Wildfarmed, qui travaille sur la santé des sols, la biodiversité, la protection de l’eau et la réduction des émissions. Une logique qu’on retrouve de plus en plus dans nos pages, du houblon cultivé à La Réunion aux malteries qui relocalisent leurs approvisionnements.
Groove Armada, Wildfarmed et une histoire de sols
Le lien entre un duo électro et une ferme régénérative n’a rien d’un coup de com’. Andy Cato, moitié de Groove Armada, est aussi cofondateur de Wildfarmed. Il a troqué une partie des platines contre des parcelles, et défend depuis des années l’idée qu’on peut nourrir sans épuiser la terre.
L’un des projets les plus significatifs de la brasserie, qui relie notre attachement de longue date à la culture musicale à une manière de brasser qui a du sens. (Tom Bott, cofondateur de Signature Brew)
Signature Brew brasse depuis ses débuts avec des artistes et des salles de concert. Ici, la collaboration va plus loin que l’étiquette : elle touche à la matière première elle-même.
Waitrose, les bars, et le vrai test
Do It Right se déploie nationalement dans les magasins Waitrose, en canette, et arrive aussi en fût dans les bars et restaurants. Jourdan Gabbini, acheteuse bière et cidre de l’enseigne, y voit un alignement avec sa ligne sur la bière indépendante et la durabilité.
Et c’est bien là que ça se joue. Une bière régénérative qui reste au fond d’une cave militante ne change rien ; la même en linéaire national, à côté des lagers classiques, oblige le rayon entier à se comparer. On avait déjà vu cette bascule avec l’arrivée de la bière artisanale en supermarché : le vrai juge de paix, c’est le prix et la rotation.
Reste la question qu’on se pose à chaque lancement de ce type : combien de brasseurs suivront quand l’orge régénérative coûtera un peu plus cher que l’orge conventionnelle ? Pour suivre la suite, tout est dans notre actualité bière.
Source : BeverageDaily, 28 août 2026.
Alors, une lager qui soigne les sols, vous y croyez ? Dites-nous en commentaire si vous seriez prêts à payer 30 centimes de plus la canette pour ça. On lit tout.



