Automate de déconsigne de bouteilles dans un supermarché, exemple de consigne pour recyclage des emballages de boisson

Consigne pour recyclage : la France rouvre le dossier des bouteilles

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Le dossier revient. Encore. La consigne pour recyclage des emballages de boisson, enterrée puis ressortie du placard à plusieurs reprises ces dernières années, est de nouveau sur la table. Et cette fois, c’est l’Élysée qui a rallumé la mèche.

Une concertation nationale relancée au plus haut niveau

Le 19 mai dernier, lors du Conseil de planification écologique, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement d’ouvrir une concertation nationale sur la consigne pour recyclage, avec un objectif assumé : atteindre les cibles européennes de recyclage à horizon 2030. Rayon Boissons rapporte que les organisations professionnelles des producteurs de boissons, à savoir le Syndicat des boissons sans alcool, la Maison des eaux minérales naturelles et Eaux naturelles de France, ont salué la décision.

On les comprend. Pour un embouteilleur, la consigne, c’est d’abord un accès à la matière : le PET collecté séparément revient plus propre, donc plus facilement réintégrable dans de nouvelles bouteilles. Un enjeu direct pour tout le rayon des boissons sans alcool, eaux minérales en tête.

Le vrai calendrier, c’est Bruxelles qui le fixe

Soyons clairs : la France n’a pas vraiment le choix. Le règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages impose un système de consigne obligatoire au 1er janvier 2029 si le taux de collecte de ces emballages reste inférieur à 90 % en poids sur les volumes mis sur le marché en 2026 et 2027. Autrement dit, la performance qui compte se joue maintenant.

Or on part de loin. Dans un communiqué où elle plaidait déjà pour le dispositif, Elipso, l’organisation des fabricants d’emballages plastiques, estimait la collecte des bouteilles plastiques pour boisson à un peu plus de 61 %, pour des objectifs fixés à 77 % en 2025 puis 90 % en 2030. À titre de comparaison, les pays qui ont installé une consigne affichent des taux de collecte du PET nettement supérieurs : 85,5 % en Estonie, 83 % en Islande, 90 % en Finlande comme en Allemagne.

Un point est souvent oublié dans le débat : environ 35 % des bouteilles seraient consommées hors domicile, là où le bac jaune n’existe tout simplement pas. C’est précisément ce gisement que la consigne permet d’aller rechercher.

Ce qui coince encore, côté consommateurs

Le principe séduit pourtant. Une étude de l’ADEME sur les perceptions et les pratiques des Français en cas de mise en place de la consigne pour recyclage montre qu’ils jugent le dispositif facile à comprendre et à utiliser. Les freins sont ailleurs : le montant de la consigne, le transport des emballages, leur stockage à la maison, et le temps que tout ça demande.

Et puis il y a le bras de fer, jamais vraiment refermé, entre l’État, les industriels et les collectivités locales sur la propriété de la matière et le partage de la recette. On en parlait en détail à propos de la consigne des bouteilles en plastique et du risque de rupture entre les acteurs. Sans oublier l’autre chantier, celui du réemploi, avec la consigne du verre en supermarché déjà testée dans plusieurs enseignes françaises.

Alors, prêts à rapporter vos bouteilles ? Dites-nous en commentaire si un automate de déconsigne à l’entrée de votre supermarché changerait vraiment vos habitudes, ou si le bac jaune vous suffit très bien comme ça.

Sources : Rayon Boissons, Elipso et ADEME.