Le porto en cocktail, longtemps, c’était une hérésie polie. On le servait à l’apéritif ou au dessert, point. Graham’s a décidé d’attaquer le sujet par l’autre bout avec sa Blend Series.
Deux vins conçus pour être mélangés
La gamme repose sur deux références : le Blend No.5 White et le Blend No.12 Ruby. Ce sont, de l’aveu même de la maison, les premiers vins qu’elle assemble spécifiquement pour le mélange. Pas des portos classiques qu’on détourne : des portos pensés dès l’assemblage pour tenir face à du tonic, des agrumes ou de la glace.
L’habillage suit la même logique. Le design, signé par l’illustrateur de mode Antonio Soares, a été récompensé et donne à la série une présence très bar, aussi bien en CHR qu’en rayon.
La Blend Series marque un nouveau chapitre dans l’histoire du porto. Elle nourrit l’invention et la créativité du consommateur, quel que soit le cadre, la saison ou l’occasion.
(Graham’s, présentation de la gamme)
Ce qu’un bon cocktail au porto doit réussir
Pour lancer la gamme, la maison a organisé un concours de cocktails avec une grille de notation révélatrice. On la reproduit ici parce qu’elle dit très bien ce qu’on attend d’un drink au porto, même si le concours appartient désormais au passé.
| Critère | Points |
|---|---|
| Goût | 30 |
| Présentation visuelle | 20 |
| Inspiration | 15 |
| Arôme | 15 |
| Nom du cocktail | 10 |
| Reproductibilité | 10 |
Le goût pèse le tiers de la note, d’accord. Mais additionnez présentation, arôme et nom : on arrive à 45 points. Autrement dit, un cocktail au porto se juge autant à la table qu’au palais.
Les règles du jeu, version bar
- Le porto doit être l’ingrédient dominant, pas un figurant.
- Les recettes s’expriment en millilitres, les dashes et gouttes étant les plus petites unités acceptées.
- Les ingrédients doivent être couramment disponibles dans un bar à cocktails, où qu’il soit dans le monde.
- Un nom original est exigé. Oui, ça compte pour dix points.
Cette contrainte de reproductibilité est la plus intéressante. Elle élimine d’office les recettes à rallonge et pousse vers des constructions simples, comme celles qu’on aime dans notre rubrique recettes de cocktails. Un Enzoni bien construit tient en quatre ingrédients, et ça ne l’empêche pas d’être mémorable.
Reste que le porto demeure un vin muté du Douro avec une vraie personnalité : sucre, tanins, alcool. À doser avec un peu de méfiance, donc.
Vous avez déjà mis du porto au shaker ? Racontez-nous votre meilleure tentative, même ratée.



