Baies de genièvre sur une branche, principale botanique du gin
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Botaniques du gin : que recouvre vraiment ce mot ?

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Le mot revient sur toutes les étiquettes : botaniques. Mais que désigne-t-il au juste ? Les botaniques du gin ne sont rien d’autre que des plantes, ou des parties de plantes, retenues pour leur saveur, leur parfum ou leurs propriétés. Une définition large, héritée d’une histoire qui dépasse largement le bar.

Quatre sens pour un seul mot

Un botaniste pensera à la définition scientifique : ce qui se rapporte aux plantes. Un médecin retiendra plutôt la plante appréciée pour ses vertus thérapeutiques. Un jardinier, lui, pensera aux espèces botaniques, ces tulipes ou ces iris non hybridés. Et le distillateur ? Il pense arômes. Quatre lectures du même mot, toutes valables.

Des jardins d’abbaye aux alambics

L’usage des plantes à des fins médicinales remonte à la préhistoire. Au Moyen Âge, la plupart des châteaux, abbayes et monastères, ainsi que les maisons de citoyens éminents, disposaient d’un jardin d’herbes aromatiques et d’une pièce dédiée où l’on préparait des boissons apaisantes. La still room anglaise, ancêtre direct de nos liqueurs d’herbes.

Aux XVIe et XVIIe siècles, les universités européennes plantent leurs propres jardins d’herbes pour que les étudiants puissent examiner les espèces pendant leur cours de botanique. La discipline se structure. Et avec elle, la connaissance de ce que chaque plante apporte.

Les botaniques du gin, mode d’emploi

Dans le gin, la règle est simple : les baies de genièvre doivent dominer. C’est l’agent aromatisant principal, celui sans lequel le spiritueux change de nom. Nous lui avons d’ailleurs consacré un dossier sur les vertus traditionnelles des baies de genièvre.

Autour de ce pivot, chaque maison compose son bouquet, souvent tenu secret. On y retrouve régulièrement :

  • la coriandre, pour ses notes citronnées et poivrées
  • la racine d’angélique, qui structure et lie l’ensemble
  • le zeste d’orange, pour la rondeur
  • la cannelle, pour la chaleur épicée

Ces plantes circulent aujourd’hui sous toutes les formes : fraîches, séchées, en comprimés, en liquides, en sachets de thé. Le gingembre, par exemple, se trouve aussi bien en racine fraîche qu’en infusion.

La pharmacie dans le verre

La frontière entre remède et boisson a toujours été poreuse. Échinacée, ail, carvi nourrissent les approches holistiques de la santé. À l’autre bout de la chaîne, la médecine conventionnelle tire des plantes toute une série de médicaments : aspirine, digitaline, quinine, morphine, codéine.

La quinine, justement. C’est elle qui a fait passer une écorce amazonienne du dispensaire colonial au verre ballon, comme nous le racontons dans notre histoire du gin tonic. Le meilleur exemple qui soit d’une botanique devenue culture populaire.


Quelle botanique vous surprend le plus dans un gin ? Dites-le-nous en commentaire, et parcourez notre rubrique gin pour d’autres pistes.