Il y a des consécrations qu’on n’attend pas. Camper English, l’auteur de Doctors and Distillers, vient d’en décrocher une jolie : la revue Science, l’une des publications académiques les plus scrutées de la planète, a publié une critique de son livre consacré à l’histoire médicinale des spiritueux.
Et l’intéressé ne s’en cache pas. Entrer dans Science, c’est un objectif de carrière pour un chercheur. Lui y arrive par la porte de l’histoire des sciences, pas par celle de la paillasse. Il le dit lui-même : il n’y est pas entré en faisant de la science, mais en écrivant sur l’histoire de la science. Et il prend.
Une critique de Doctors and Distillers signée Maddie Bender
La critique est signée Maddie Bender. Elle décrit un livre dense, bourré de petits faits sur l’histoire de la distillation et de la médecine, organisé de façon thématique et grossièrement chronologique. Rien d’un traité indigeste, donc.
L’écriture est vive et accessible, et se savoure aussi bien par un anthropologue de la médecine que par un amateur de mixologie ou un barman chevronné. Les intermèdes, eux, proposent des recettes de cocktails qui vont du très quotidien au parfaitement obscur.
Maddie Bender, Science (traduit de l’anglais)
Six semaines avant la sortie, le pari est déjà gagné
Car le livre n’était même pas encore en librairie au moment de la critique. Sa date de publication était fixée au 19 juillet 2022, soit six bonnes semaines plus tard. Difficile de rêver meilleur lancement.
Et la conclusion de l’article donne surtout envie d’ouvrir une bouteille avant d’ouvrir le livre.
Ce livre se savoure, il ne se descend pas cul sec : un verre à la main, en compagnie de gens qui ne vous en voudront pas de les interrompre sans arrêt pour leur lire des passages à voix haute.
Maddie Bender, Science (traduit de l’anglais)
Pourquoi cette critique de Doctors and Distillers nous parle
Parce que le sujet est exactement celui qui nous occupe ici. Nous avions déjà raconté comment l’alcool était un médicament avant de devenir un plaisir, et voir une revue scientifique valider ce type d’enquête historique fait plaisir.
On y retrouve la même logique que lorsqu’on remonte l’origine du mot rhum et ses appellations oubliées : derrière chaque bouteille, il y a une pharmacie, un marin, un moine ou un charlatan. Si vous aimez fouiller l’histoire des spiritueux, ce livre a clairement sa place sur votre étagère.
Vous l’avez lu ? Dites-nous en commentaire quel chapitre vous a le plus surpris… on parie sur celui des amers.



