Alambic en cuivre dans une distillerie, source des résidus du carburant à base de whisky

Carburant à base de whisky : la piste écossaise du biobutanol

2 minutes de lecture

Vous l’aurez remarqué : le prix à la pompe a la fâcheuse habitude de grimper. Ristournes des distributeurs, gel des taxes, chèque énergie… les leviers classiques sont connus. Mais il existe une piste nettement plus insolite : un carburant à base de whisky. Et non, ce n’est pas une blague de fin de service.

Le biobutanol, un carburant à base de whisky

L’idée vient de Celtic Renewables, une startup écossaise. Le principe : valoriser deux déchets de la production de whisky pour en tirer du biobutanol.

  • Les drêches, ces grains d’orge riches en sucres trempés dans l’eau pour lancer la fermentation.
  • Le pot ale, le liquide résiduel chargé en levures issu de la distillation.

Le biobutanol présente un avantage net sur l’éthanol : environ 25 % de potentiel énergétique en plus. Et il ne reste pas théorique. Début juillet 2017, la startup a fait rouler une Ford Fiesta avec son carburant.

Un gisement énorme, déjà disponible

C’est l’argument massue. Chaque année, l’industrie écossaise du malt whisky produit près de 750 000 tonnes de drêches et 2 milliards de litres de pot ale. Autrement dit, la matière première existe déjà, en quantité industrielle, et elle est aujourd’hui essentiellement traitée comme un sous-produit à écouler.

Transformer un déchet de distillerie en carburant, sans mobiliser une seule surface agricole supplémentaire : c’est le pari de l’économie circulaire appliquée au whisky.

Faut-il s’attendre à du whisky à la pompe ?

Restons mesurés. Passer d’une démonstration sur une citadine à un déploiement en station-service demande des volumes, une logistique et un cadre réglementaire qui ne se bâtissent pas en un an. Le sujet reste néanmoins un cas d’école intéressant de valorisation des coproduits.

Rassurez-vous : personne ne propose de distiller votre single malt préféré dans un réservoir. Ce sont bien les résidus qui partent à la valorisation, pas le distillat.

La démarche rejoint d’autres initiatives du secteur, comme le premier bilan RSE des rhums des Caraïbes. Et pour la santé économique de la filière, notre point sur le marché du whisky français complète le tableau, comme le reste de notre actualité du whisky.

Alors, vous feriez le plein au whisky ? On attend vos jeux de mots en commentaire.