Un Ardbeg au lance-flammes. Comme chaque année, l’embouteillage de la distillerie pour le Fèis Ìle était attendu au tournant, et l’Ardbeg Ardcore n’a déçu personne sur le terrain de la provocation.
Toujours à la recherche d’une innovation ou d’une particularité pour ces séries limitées, la maison d’Islay a pris cette année un pari risqué : torréfier son malt le plus loin possible. Du black malt, donc. Une première dans l’histoire de la distillerie.
Du malt noir et une esthétique punk
L’Ardcore est né pour célébrer l’Ardbeg Day, ce moment du festival de musique et de malt d’Islay où la distillerie s’offre son propre concert. L’inspiration revendiquée cette année-là ? Le punk rock. Jusqu’au nom, jusqu’à l’habillage.
Le black malt, c’est un orge poussé très loin à la torréfaction, comme celui qu’on utilise habituellement en brasserie pour donner leur couleur et leur amertume aux stouts. Le passer à la distillation, ce n’est pas anodin : on ne cherche plus du tout la même chose que la tourbe. Là où la tourbe apporte du phénol et du médicinal, la torréfaction apporte du brûlé, du grillé, de l’amer.
Deux versions, deux titrages
- La Committee Release, réservée aux membres du Ardbeg Committee, sortie le 1er mai 2022 à 50,1 %.
- La version générale, à 46 %, arrivée début juin 2022. C’est celle qui nous intéresse ici.
Ce que raconte le profil annoncé
Le profil communiqué autour de la bouteille tourne autour d’un registre épicé et savoureux plutôt que fruité : marmite, toast brûlé, chicorée, charbon de bois, marc de café infusé. Puis chocolat noir, caramel cassant, anis et, encore, ce charbon omniprésent.
Autant le dire tout de suite : ce n’est pas un whisky consensuel. Ceux qui attendent le fruit tropical de certains Ardbeg risquent de tiquer. Ceux qui aiment les profils sombres, secs, presque amers, y trouveront exactement ce qu’ils cherchent. C’est peut-être ça, au fond, la logique punk : diviser plutôt que plaire.
Cette envie de bousculer les codes n’est pas isolée : on l’avait déjà vue à l’œuvre chez ces whiskies modernes qui bousculent les codes, ou dans un registre plus rare avec ce Muckety-Muck 25 ans. Le reste de nos dégustations est à lire dans la rubrique whisky.
Vous avez mis la main sur une bouteille d’Ardcore ? On veut vos impressions en commentaire. (Source : Ardbeg)



