Amateurs de tequila añejo, accrochez-vous. Plusieurs sources du secteur rapportent qu’elles n’ont tout simplement plus de tequila añejo à vendre sur le marché. Résultat attendu : pénurie, hausse des prix, ou les deux à la fois.
« Les producteurs ont hésité à mettre du distillat en fût avec des prix de l’agave aussi élevés, en pensant que les prix allaient baisser. Mais ils n’ont pas baissé, et les réserves s’assèchent. » (Jake Lustig, propriétaire de la marque de tequila ArteNOM Sélección)
Le prix de l’agave s’est envolé
Le prix de la matière première de la tequila a explosé ces dernières années, jusqu’à atteindre 32 pesos le kilo, contre un peu moins de 4 pesos le kilo en 2016. Les prix de l’agave ont toujours suivi un cycle de boom et de crise : les producteurs abandonnent la culture quand elle ne rapporte presque rien, avant de replanter dès que les prix remontent.
Mais cette fois, la flambée dure depuis 2017, avec des prix qui se maintiennent au-dessus de 25 pesos le kilo. Pour donner un ordre d’idée : à 30 pesos le kilo, une seule fournée de four coûte environ 40 000 dollars, pour des agaves non biologiques.
Prix élevés, demande record : le double effet
Face à cette équation, les producteurs de tequila ont un dilemme depuis un moment : attendre un an ou plus, le temps minimum requis pour appeler une tequila « añejo », avant de rentabiliser leur investissement, ou se concentrer sur des blanco ou reposado, plus rapides à commercialiser.
Autre facteur qui pèse sur l’offre : une demande en pleine explosion depuis la pandémie. Les ventes de tequila ont progressé de plus de 54 % en valeur et 38 % en volume en 2020, devançant toutes les autres catégories de spiritueux. Les réserves d’extra añejo, qui exigent au moins trois ans de vieillissement, se sont fortement réduites, et les añejos classiques deviennent, eux aussi, difficiles à trouver.
« On a remarqué que des añejos et extra añejos populaires, comme Don Julio 1942, Patrón Extra Añejo ou Clase Azul Añejo, étaient fréquemment en rupture depuis l’année dernière. Aujourd’hui, on n’a plus aucun añejo entre 100 et 300 dollars. » (Roman Romaya, Old Town Tequila, San Diego)
Une tendance qui s’explique aussi par le contexte sanitaire : de nombreux clients qui ne pouvaient plus sortir en bar ont préféré s’offrir une bouteille entière plutôt qu’une soirée, direction le haut de gamme, mais à la maison.
Résultat : la chasse à l’añejo est officiellement ouverte. Et si vous avez repéré une belle bouteille chez votre caviste, on vous conseille de ne pas trop attendre pour craquer.



