On avait laissé Carlsberg et Sapporo en 2024 avec un accord de distribution bien sage sur trois marchés. On les retrouve deux ans plus tard avec une coentreprise, un chèque de 643 millions de dollars et une ambition qui déborde largement de l’Asie. Le duo Carlsberg Sapporo change clairement de dimension.
Ce que contient l’accord Carlsberg Sapporo
Depuis 2024, Carlsberg assurait la vente et la distribution de la Sapporo Premium Beer en Malaisie, à Singapour et à Hong Kong. Le nouvel accord, signé cette fois au niveau des groupes, prend la forme d’une coentreprise. Carlsberg en détient 75 % et en garde le contrôle opérationnel. Sapporo entre au capital à hauteur de 25 % et verse pour cela 643 millions de dollars, que le Danois annonce vouloir consacrer au remboursement de sa dette et à ses besoins généraux.
Le périmètre s’étend au Laos, au Vietnam et au Cambodge. S’y ajoutent des licences de production et de distribution en Birmanie… et au Royaume-Uni. C’est ce dernier point qui surprend le plus : on parle désormais d’une bière japonaise brassée sous licence en Europe.
Cela nous donne des droits exclusifs et perpétuels pour produire et distribuer la Sapporo Premium Beer sur l’ensemble des marchés de la coentreprise. (Jacob Aarup-Andersen, directeur général du groupe Carlsberg)
La premiumisation, encore et toujours
Derrière l’opération, une obsession partagée par tous les grands brasseurs : monter en gamme sur des volumes qui, eux, stagnent. Stefano Clini, patron de Carlsberg Malaisie, met en avant depuis le début du partenariat le statut de Sapporo comme plus ancienne marque de bière premium du Japon. Un argument de vitrine, plus qu’une promesse de goût.
C’est la même mécanique qu’on observe ailleurs, quand un géant pousse une marque forte sur un nouveau linéaire, comme AB InBev l’a fait avec la bière sans alcool Bud 0.0 en France. On ne vend plus des hectolitres, on vend un positionnement.
Et pour Sapporo ?
Le brasseur japonais, qui vient de fêter ses 150 ans, cherche une porte d’entrée européenne sans construire lui-même son réseau. Son directeur général Hiroshi Tokimatsu parle d’une étape majeure de la stratégie internationale du groupe, et d’une base pour aller plus loin sur d’autres marchés.
Concrètement, pour les buveurs britanniques, ça veut dire une Sapporo plus visible, probablement moins chère, et brassée plus près. Le Royaume-Uni est devenu un terrain de jeu très actif ces dernières semaines, entre alliances mondiales et lancements patrimoniaux comme la Bayeux Lager du British Museum. Pour ne rien rater, notre actualité bière suit tout ça de près.
Source : BeverageDaily, 1er septembre 2026.
Une Sapporo brassée sous licence au Royaume-Uni, ça reste une Sapporo pour vous ? On a notre idée, mais on veut surtout lire la vôtre en commentaire.



