Bouteilles en verre vides alignées sur une table, illustration de la consigne du verre à Lyon

Consigne du verre : Lyon impose le contenant consigné à tous ses achats publics

3 minutes de lecture

Une collectivité qui décide de ne plus acheter une seule bouteille jetable, ça change quoi concrètement ? La Métropole de Lyon vient d’en donner un aperçu : depuis 2026, la consigne du verre et plus largement le contenant consigné s’imposent à tous ses achats publics de boissons.

Pas une expérimentation sur deux bâtiments témoins. Un principe général, appliqué à la commande publique, avec une extension progressive annoncée vers une partie de la restauration du territoire.

Consigne du verre à Lyon : agir sur ce qu’on maîtrise

L’idée est simple, et c’est justement ce qui la rend efficace. Une métropole achète des boissons en volume : réunions, cantines, événements, services internes. En imposant le contenant consigné sur cette dépense, elle réduit le déchet d’emballage à la source sans attendre que la réglementation nationale tranche.

Car pendant ce temps, le dossier national avance au ralenti. Nous vous racontions début août comment la France a rouvert le chantier de la consigne pour recyclage, après une relance présidentielle au Conseil de planification écologique du 19 mai et l’ouverture d’une concertation nationale.

Un calendrier européen qui ne laisse plus le choix

Le compte à rebours est lancé. Le règlement européen sur les emballages, le fameux PPWR emballages, est applicable depuis le 12 août 2026. Il impose aux États membres de mettre en place un système de consigne d’ici 2029, avec un objectif de 90 % de collecte sélective pour les contenants de boissons en plastique et en métal à usage unique.

Et la France part de loin. En 2023, le taux de recyclage des emballages plastiques atteignait 42,1 % dans l’Union européenne… contre 25,7 % chez nous. L’écart fait mal à lire.

Consigné ne veut pas dire recyclé

Attention à ne pas tout mélanger, parce que les deux modèles cohabitent. La consigne pour recyclage (on rapporte le contenant, il repart en matière première) et la consigne pour réemploi (on rapporte le contenant, il est lavé puis rerempli) ne visent pas la même chose. L’objectif affiché par Lyon, réduire le déchet à la source, penche clairement du côté du réemploi.

C’est aussi le pari que testent quelques enseignes depuis plusieurs mois : nous avions suivi le retour de la consigne du verre dans les supermarchés français, avec des dispositifs encore très localisés.

Un signal envoyé à toute la filière boissons

Pour les producteurs, brasseurs et embouteilleurs qui répondent à des marchés publics, le message est limpide : le contenant consigné devient un critère d’accès. Ce n’est plus un argument marketing à mettre sur une plaquette, c’est une condition pour décrocher le contrat.

Et une collectivité qui bascule, ça crée du volume, donc de la logistique de lavage, donc un modèle économique qui tient. C’est exactement ce qui manque au réemploi depuis des années. On continue de suivre le sujet de près dans notre actualité des boissons.

Et vous, seriez-vous prêts à rapporter systématiquement vos bouteilles si le réseau suivait vraiment ? Dites-nous en commentaire ce qui vous freine, ou ce qui vous a déjà convaincus !

Source : Paysans.fr