Verre de spritz à l'amaro italien avec glaçons et tranche d'orange posé sur une table en bois

Amante 1530 : l’amaro italien qui veut détrôner l’Aperol Spritz

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Le spritz orange a-t-il enfin trouvé un vrai rival ? Depuis le 10 août, un amaro italien encore confidentiel chez nous, Amante 1530, débarque au Royaume-Uni avec une ambition qu’il n’essaie même pas de cacher : aller chatouiller l’Aperol sur son propre terrain.

Et non, ce n’est pas un coup d’épée dans l’eau. La marque vient de signer un accord de distribution avec Maverick Drinks, un acteur installé dans le Kent, pour une entrée en scène pensée d’abord pour les bars et les restaurants.

Un amaro italien qui se glisse entre l’Aperol et le Campari

Amante 1530 se présente comme une relecture moderne de l’amaro classique : « moins sucré, mais pas trop amer ». Le liquide est produit chez Pallini, l’une des distilleries historiques de Rome, à partir d’ingrédients italiens naturels : agrumes, gingembre, chèvrefeuille. Le tout embouteillé à 15 % vol.

Si le mot vous dit vaguement quelque chose sans plus, on avait déjà fait le tour de la question dans notre guide sur l’amaro italien et ses grandes familles. Ici, le positionnement est limpide, et la fondatrice ne prend pas de gants.

« Vous avez ce mastodonte, le groupe Campari, qui a construit deux marques extraordinaires. Mais je pensais qu’il y avait de la place pour autre chose. Je voulais créer quelque chose qui se situe entre l’Aperol et le Campari, quelque chose vers quoi on évolue quand on a fait le tour de l’Aperol Spritz. » (Ana Rosenstein, fondatrice d’Amante 1530, à The Spirits Business)

25 % de sucre en moins que le leader

C’est l’argument massue. Amante 1530 annonce 25 % de sucre en moins que l’Aperol, sans pour autant basculer dans l’amertume franche du Campari. Un créneau étroit, mais qui colle plutôt bien à ce qu’on observe un peu partout en ce moment : des apéritifs moins sucrés, moins alcoolisés, plus digestes.

Côté prix, comptez 20,95 £ les 70 cl outre-Manche. La bouteille est disponible chez le détaillant en ligne Master of Malt et dans une poignée d’adresses triées sur le volet, dont Nobu London et le Gold à Notting Hill, où elle sert de base au spritz maison.

La recette a été développée avec l’œnologue italien Riccardo Cotarella, et Ana Rosenstein, elle, vient du capital-risque. Une trajectoire qui rappelle celle d’autres marques challengers récentes… Casamigos pour la tequila, Aviation pour le gin. Le segment apéritif était à peu près le dernier à ne pas avoir eu son trouble-fête.

Le spritz, un terrain de jeu devenu très disputé

Amante 1530 est loin d’être seul sur ce coup. Ces douze derniers mois, De Kuyper, Cointreau et Gordon’s ont tous sorti une déclinaison taillée pour l’apéritivo. Aperol, de son côté, ne dort pas non plus : la marque a dévoilé cet été une nouvelle bouteille d’Aperol et un format pop-up pour occuper le terrain.

Il faut dire que le gâteau est énorme. Aperol a pris la première place du segment des spiritueux de spécialité dans le classement Brand Champions 2026, avec 10 millions de caisses de neuf litres écoulées sur un an. Campari, son cousin plus corsé, en aligne 4,9 millions. Autant dire que le challenger part de très, très loin.

Reste que la stratégie a le mérite d’être cohérente : pas d’influenceurs, mais des barmen. La marque recrute ses commerciaux directement derrière les comptoirs, et jusqu’à la forme de la bouteille a été dessinée pour eux, avec une circonférence calée sur la taille d’une main moyenne et un col allongé pour tenir dans le bac à bouteilles. Le genre de détail qu’on ne remarque que si on a déjà enchaîné un service en coup de feu.

Et en France, on en fait quoi ?

Pour l’instant, rien d’officiel : la marque concentre ses forces sur le circuit CHR britannique avant d’envisager la grande distribution. Un format 50 ml est annoncé d’ici la fin de l’année, et la fondatrice n’exclut pas de nouvelles expressions ni des éditions limitées saisonnières. Vu l’appétit français pour le spritz, on serait surpris que l’Hexagone reste longtemps à l’écart. D’autres nouveautés du même acabit sont à découvrir du côté de nos actualités spiritueux.

Alors, prêts à troquer votre spritz orange habituel contre un amaro un peu plus sec ? Ou vous faites partie de ceux qui ne toucheront jamais à la recette d’origine ? Dites-nous ça en commentaire, on est curieux.

Source : The Spirits Business, 10 août 2026.