Bouteilles en plastique destinees au recyclage et a la consigne

Consigne des bouteilles en plastique : la France au bord de la rupture

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La consigne des bouteilles en plastique fait de nouveau parler d’elle. Et cette fois, le ton est nettement monté d’un cran… entre le gouvernement et les collectivités locales, le dialogue semble rompu.

Une réunion qui tourne au clash

Tout est parti d’une réunion organisée le 30 juin 2026 par le ministère de la Transition écologique. Les représentants des collectivités territoriales, des recycleurs et plusieurs ONG environnementales ont quitté la table avant même le début des échanges. Leur reproche : une concertation qu’ils jugent purement formelle, où la décision d’instaurer une consigne pour recyclage semblerait déjà actée.

Nous connaissons bien ce dossier sur Soif : la consigne des bouteilles en plastique agite le secteur des boissons depuis plusieurs années déjà. Mais cette nouvelle étape marque une rupture nette entre les deux camps.

« On va se battre. On est mobilisé. On ira jusqu’au bout. » (Jean-François Vigier, maire de Bures-sur-Yvette et représentant de l’Association des maires de France)

Pourquoi les industriels de la boisson soutiennent le projet

Du côté des producteurs, l’argument est simple : le système actuel ne suffit plus. Le taux de collecte des bouteilles en plastique atteignait 58,4 % fin 2024, loin de l’objectif européen fixé à 80 % dès 2026 et à 90 % d’ici 2029. Vingt-et-un pays européens ont déjà adopté une consigne, le Portugal étant le dernier en date ; l’Espagne et le Royaume-Uni devraient suivre à partir de 2027.

Les industriels y voient aussi un intérêt économique et environnemental : des boucles de recyclage « bouteille à bouteille » plus efficaces, moins d’importations de matières premières recyclées, et un argument de poids… 93 % des Français se déclareraient favorables à un système de consigne pour les emballages de boissons.

Ce que redoutent les collectivités

En face, les élus locaux ne contestent pas l’objectif, mais la méthode. Selon eux, capter les bouteilles plastique et cannettes, les matériaux les plus valorisables du bac jaune, via un réseau de consigne séparé priverait les collectivités d’une manne financière essentielle. La perte est estimée à environ 360 millions d’euros par an. Nicolas Garnier, délégué général d’Amorce, va jusqu’à parler de « vaste mesure de greenwashing ».

Alors, qui a raison ? Le gouvernement mise sur la consigne pour éviter que la France ne subisse une décision européenne imposée. Les collectivités, elles, demandent au Premier ministre de reprendre le dossier en main avant toute décision définitive.

Une chose est sûre : ce bras de fer est loin d’être terminé, et il concerne directement toute la filière boisson en France, des brasseurs aux embouteilleurs d’eau. On continuera de suivre ce dossier de près. Et vous, plutôt pour ou contre la consigne ?

Source : Green et Vert