À Chicago, le Malört est à la fois un rite de passage, une blague cruelle entre amis et une liqueur d’une amertume légendaire. Le genre de truc qu’on fait goûter aux nouveaux venus juste pour voir leur tête. Alors oui, les cocktails au Malört, ça existe. Et non, ce n’est pas une punition.
La comparaison qui revient le plus souvent chez ceux qui l’ont goûtée ? Un fernet de mauvaise humeur. Voilà qui pose le décor… Sauf que les bartenders de Chicago, eux, ont appris à s’en servir. Trois recettes signées par des professionnels de la ville montrent comment cette liqueur se transforme quand on l’entoure correctement.
The Hard Sell, la version sour
Trois quarts d’once de Malört, trois quarts d’once de gin, autant de sureau : l’équilibre se joue à parts égales. On est dans la logique du sour classique, avec l’amer en tension plutôt qu’en solo.
- 22 ml de Jeppson’s Malört
- 22 ml de gin Beefeater
- 22 ml de liqueur de sureau St-Germain
- 22 ml de jus de citron frais
- 7 ml de sirop de sucre
Tout au shaker avec de la glace, on secoue, on filtre dans un verre à cocktail, puis on presse un zeste de pamplemousse au-dessus du verre pour en libérer les huiles. Recette de Brad Bolt.
Malört Highball, l’amer en second rôle
Ici, le Malört passe en dose réduite derrière la tequila. C’est sans doute la porte d’entrée la plus douce pour un palais qui découvre la bestiole.
- 45 ml de tequila
- 22 ml de jus de citron vert frais
- 22 ml de jus d’orange
- 15 ml de Jeppson’s Malört
- 60 ml de ginger beer
On secoue tout sauf la ginger beer, on filtre sur glace fraîche dans un verre Collins, puis on allonge. Recette de Paul McGee.
Bitter End, la version qui n’a peur de rien
Celle-ci ne fait aucun compromis : 90 ml de Malört, rien que ça. C’est le format à partager, pensé par le Owl à Chicago.
- 90 ml de Malört
- 90 ml de jus de pamplemousse pressé minute
- 1 canette de Stiegl Radler (environ 50 cl)
Quelques glaçons dans un grand verre, Malört et pamplemousse secoués ensemble, on filtre, puis on complète au Radler. Le côté citronné de la bière arrondit l’ensemble. Recette du bar The Owl, Chicago.
Ce qui frappe avec ces trois recettes, c’est la méthode : agrume franc, une pointe de sucre, un allongeur. Exactement la logique qui permet à un cocktail Enzoni de rendre le Campari aimable, ou aux bitters dans un gin tonic de structurer un verre sans l’assommer.
Vous trouverez d’autres recettes du même acabit dans nos cocktails. Et vous, vous avez déjà tenté le Malört ? Racontez-nous votre grimace en commentaire.



