Sur l’étiquette, pas de nom de distillerie. Juste une île et un millésime. Unnamed Orkney : voilà tout ce que Signatory Vintage consent à vous dire. Et pourtant, le jeu de devinettes est plutôt court.
Pourquoi ce nom mystérieux ?
Quand une distillerie refuse que son nom apparaisse sur un embouteillage indépendant, l’embouteilleur contourne l’obstacle en désignant l’origine géographique. « Unnamed Orkney » signifie donc : single malt distillé dans les îles Orcades. Or il n’y a là-bas que deux distilleries, Highland Park et Scapa. Les dégustateurs qui ont chroniqué cette bouteille penchent très largement pour la première.
La fiche technique
- Distillé le 14 février 2006
- Embouteillé le 25 septembre 2020, soit 14 ans d’âge
- Fût : un refill butt, référence DRU 17/A65 n° 7
- Gamme Signatory Un-Chillfiltered Collection, traditionnellement embouteillée à 46 %, sans filtration à froid ni colorant
Le détail qui compte ici, c’est le refill butt. Un fût de sherry de seconde ou troisième utilisation donne beaucoup moins que le fût neuf. D’où une robe plus pâle que celle d’un Highland Park 12 ans classique, et une intensité sherry nettement plus discrète que ce à quoi la distillerie nous a habitués.
Le profil rapporté par les dégustateurs
Au nez, les chroniques concordent : fruits noirs sherryés, miel brut, caramel, pêche grillée, une fumée discrète, des notes d’allumette craquée et un souffle marin. En bouche, une texture épaisse, un sherry plutôt salin, du piment de la Jamaïque, du miel, du raisin sec, une tourbe légère et du poivre. La finale reste modérément longue, sur les fruits noirs et le poivre.
Un autre dégustateur lui attribue 85 points et note qu’une goutte d’eau change sensiblement la donne, en ouvrant la bouche et la finale, avec bien plus de fumée. À tester donc, avant de conclure trop vite.
Pour situer ces descripteurs les uns par rapport aux autres, notre guide des 14 familles d’arômes reste le meilleur point de départ.
Faut-il chercher ces embouteillages anonymes ?
Souvent, oui. Ils offrent un angle différent sur une distillerie connue, avec un fût que la maison n’aurait jamais mis en avant elle-même. Le risque ? Un profil qui ne ressemble pas à l’image de marque attendue. C’est précisément l’intérêt. Notre rubrique whisky et single malt regorge d’autres pistes de ce genre.
Vous avez déjà ouvert un « unnamed » qui vous a bluffé ? Balancez la référence en commentaire, on ira voir.



