Péniche amarrée le long d'un canal, le décor de ceux qui choisissent de vivre sur une péniche
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Vivre sur une péniche : gin tonic au soleil ou vraie contrainte ?

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Un verre à la main, les pieds sur le pont, un cygne qui passe. L’image de la vie sur l’eau est terriblement séduisante. Mais vivre sur une péniche, est-ce vraiment un long gin tonic au soleil ?

Sur le réseau britannique, 2 200 miles de canaux, des milliers de personnes ont sauté le pas. Voilà ce qu’elles savent et qu’on ne vous dit jamais dans les reportages.

D’abord, le prix du bateau

C’est le plus gros achat que vous ferez après une maison. Comptez environ 20 000 £ pour un petit narrowboat d’occasion, avec un bateau qui a connu des jours meilleurs et qui sera probablement trop petit à deux.

Doublez à 40 000 £ et vous obtenez une longueur suffisante pour vivre confortablement à bord, mais toujours sur un bateau qui a quelques années. Ajoutez encore 20 000 £ pour envisager du neuf en configuration standard d’usine. Et les chantiers navals se feront un plaisir d’ajouter toutes les options que vous voulez… à un prix.

Ensuite, où le garer

Question moins glamour mais décisive. Il existe des centaines de marinas au Royaume-Uni, avec des paysages, des équipements et des niveaux de service très variables. Certaines autorisent la vie à bord à l’année, beaucoup non. Les tarifs dépendent de la longueur du bateau, de la durée du séjour et de l’usage que vous faites du site.

Vous pouvez aussi vous amarrer directement sur le canal, mais uniquement aux emplacements prévus pour du long terme. S’incruster sur un mouillage conçu pour une ou deux nuits vous vaudra l’attention peu appréciée du personnel de British Waterways.

Puis les frais qui ne s’arrêtent jamais

  • Assurance et licence de navigation sur le réseau
  • Inspections périodiques pour garder le bateau en règle
  • Diesel pour la propulsion et le chauffage, gaz pour la cuisine, parfois charbon pour le poêle
  • Et tout le reste de la vie à terre : nourriture, boissons, vêtements, téléphone, connexion internet

Les détails qui font renoncer

Il y a des familles à bord, mais soyons honnêtes : l’espace manque. Trop peu de place pour des adolescents, trop peu de place pour que des petits se défoulent.

Vous travaillez encore ? Il faut pouvoir s’amarrer assez près pour faire le trajet sans y laisser sa santé mentale. Et se demander comment on vivra le retour tardif sur un bateau froid, avec un feu à rallumer, un réservoir d’eau à remplir ou des toilettes à vider.

Car c’est l’autre point que personne n’aborde à l’apéritif : votre bateau n’est pas raccordé au tout-à-l’égout. Soit vous avez un grand réservoir de stockage à vider à la station de pompage la plus proche, ce qui suppose de déplacer le bateau, soit des toilettes portables avec un conteneur amovible à porter jusqu’au point d’élimination.

Ajoutez le courrier, la couverture réseau, les courses, le dentiste, le médecin, l’école. Rien d’insurmontable. Mais rien d’automatique non plus.

Et pourtant

L’auteur de ces lignes, Paul C. Smith, vit seul sur une péniche amarrée dans une marina du Warwickshire rural. Il raconte avoir levé les yeux de son clavier pour voir un cygne chasser une oie à six mètres de sa fenêtre, sur fond d’arbres en fleurs. Ce n’est pas un plaidoyer contre la vie à bord, au contraire.

Simplement, le gin tonic sur le pont se mérite. Si vous voulez au moins réussir celui-là, on a détaillé la recette parfaite du gin tonic, et une sélection de bitters pour gin tonic qui tient dans un placard de bateau. Le reste est dans la rubrique gin.


Vous vous verriez larguer les amarres, vous ? Racontez-nous ce qui vous retient.

D’après un texte de Paul C. Smith.