Brasseur contrôlant des cuves de fermentation en inox, comme dans les brasseries franciliennes qui adaptent leur rythme l'été

Brasseries franciliennes : brasser à 7 heures pour échapper à la chaleur

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Brasser en plein pic de chaleur, ce n’est pas qu’une affaire de cuves. Cet été, les brasseries franciliennes ont revu leurs horaires, leurs volumes et parfois leurs recettes pour tenir le rythme.

Notre confrère Business & Marchés est allé voir ce qui se passe derrière les portes, de Paris à Magny-le-Hongre. Et franchement, le tableau est plutôt réjouissant.

Chez Patoche, on embauche à 7 heures

Dans le 18e arrondissement, la brasserie artisanale Patoche a tout simplement décalé sa journée. Quand les températures se sont affolées courant juin, Jérémie Normand, le brasseur, a avancé sa prise de poste de deux heures pour démarrer vers 7 heures et éviter les pics de l’après-midi.

« Si les produits restent systématiquement réfrigérés, les cuves supportent mieux la chaleur que les équipes » (Jérémie Normand, brasseur chez Patoche)

Tout est dit. Et comme la brasserie n’a pas de terrasse et voit sa fréquentation baisser l’été, elle en profite pour lever le pied sur les volumes et préparer tranquillement les références de la rentrée.

Des recettes estivales taillées pour la saison

Côté verre, Patoche propose la Rossa Nova (5 %), une ambrée de style Vienna à fermentation basse d’origine autrichienne. Très limpide, elle offre des arômes caramélisés et boisés au nez, puis une bouche ronde et moelleuse marquée par le malt torréfié, le caramel, les céréales et le pain.

Plus surprenante, la Behind Blue Eyes (4,8 %) est une indigo garden pale ale élaborée avec de la lavande, de la fleur de sureau, de la bruyère et du pois papillon. Sauf que le pois papillon n’a pas permis de faire descendre le pH assez bas pour obtenir la teinte indigo visée… elle est repartie sur des reflets verts. On aime bien ce genre d’accident de parcours assumé.

En mai, l’équipe de la brasserie niçoise Geeko est venue brasser sur place la Virtual Insanity, une Double IPA à 7,5 % composée de blé, associant les houblons Citra, Strata et Nelson Sauvin.

De Paris à Magny-le-Hongre, chacun sa parade

Toujours dans le 19e, Paname Brewing Company garde son vaste brewpub au bord du canal de l’Ourcq, en complément du site de production de Saint-Denis où est aussi fabriquée la gamme Demory. À la carte, la 9 Triple (7,9 %), au nez fumé, attaque mielleuse puis houblonnée et finale sèche.

« Une triple de soif, qui a rejoint la gamme permanente » (Theo Giuge, manager de Paname Brewing Company)

À découvrir aussi chez eux, la Douce Apache (6 %), une smoked porter fumée au bois de hêtre, au catalogue depuis neuf ans déjà.

Dans le même arrondissement, la Brasserie de l’Etre sert dans sa nouvelle taproom de l’avenue Armand Carrel la Myop (4,3 %), une New Alsace IPA blonde claire, douce, florale et citronnée. Et à Magny-le-Hongre, en Seine-et-Marne, la microbrasserie Second Degré lance La Panne (5 %), pensée au départ comme une white stout et finalement devenue une pale ale au nez de café et à la bouche fruit de la passion, ainsi que l’Ave Luigi (3,4 %), une session IPA aux notes de miel noir, de noisette et de fruits à coque.

Un été à double tranchant pour les brasseries franciliennes

Créativité d’un côté, fragilité de l’autre. Le contexte reste tendu pour la bière artisanale à Paris, comme l’a rappelé la fermeture de La Fine Mousse fin juillet.

Ailleurs en France, la recette de l’été passe souvent par le local et le bio, à l’image de la bière bio et locale de la Brasserie du Comté. On suit tout ça de près dans notre actualité de la bière.

Et vous, vous buvez quoi cet été ?

Entre une Vienna ambrée, une pale ale à la lavande et une session IPA à 3,4 %, il y a de quoi remplir un frigo sans faire déborder la journée. Nous, on a un faible pour l’idée d’une triple de soif.

Vous connaissez une brasserie francilienne qui a trouvé sa parade anti-canicule ? Balancez-la en commentaire, on ira voir.

Source : Business & Marchés